Saint-Nic.Dépose et éloignement des vitraux pour sauvegarde durant l'état de guerre

Publié le par jeanpierrelebihan2


SAINT-NIC.

Eglise Saint-Nicaise
(inscrite à l'inventaire supplémentaire)




Les deux vitraux du XVI° siècle sont classés:
Un Jugement dernier du côté sud et une Passion du côté nord

Ces deux baies nous apprennent que l'église possèdait au XVI°siècle plusieurs vitraux de sujet diffèrent.





Tout d'abord une Passion à laquelle il faut ajouter un panneau de la baie sud offrant quelques éléments de la scène
où le Christ recolle l'oreille du serviteur du grand prêtre,ayant servi dans les deux lieux et l'auteur étant, il y a de grande chance, le même.


Nous trouvons ensuite une Résurrection  du Christ

Sujet qui occupe deux panneaux qui ne sont pas de la même main ni du même esprit que la Passion.




           
Par contre, pour le panneau supérieur de  Saint Nic, ici à gauche,
sauf la tête du Christ,nous relevons que ce panneau est du même carton que celle que l'on voit à l'église  de Saint-Thuriau dans le Morbihan.

Autre sujet, cette Crucifixion  du haut de la baie nord  n'est pas d'un atelier cornouaillais connu et où certaines présentations de personnages se retrouvent à Saint-Thuriau, entre autres,Marie et Marie Madeleine



Dans la baie sud,deux sujets n'ont aucun rapport entre eux:
 le Jugement Dernier et le Donateur.
Ce dernier pourrait provenir de la baie du chevet où aurait rêgner ses armoiries. Son intercesseur et saint patron est ici Saint Jean tenant de la main gauche la coupe d'où sortent les serpents


 

LES ARCHIVES D'AVANT LA REVOLUTION.


il y en a peu .

 On sait seulement qu’en 1578, la Fabrique se pourvoit de vitraux. S’agit-il des deux baies du transept. Cette date correspondrait assez bien aux scènes de la Passion mais encore plus particulièrement aux restes d’un Jugement Dernier dont l’esprit correspond bien aux canons de l’école de Fontainebleau.


Ll'église comme les deux vitraux sont bien de la seconde partie du XVI° siècle;


A première vue, l’église, elle-même, semble bien être de cette époque.
Le porche est daté de 1561, ainsi que les socles de certaines statues.

De 1566, on relève un texte entre deux arcades de la nef avec: "Parlat Fabricien". Quant au clocher, il est de 1576.Mais aucune date n’a encore été trouvée sur le choeur.


L’abbé Corentin Parcheminou, dans "une
paroisse cornouaillaise pendant la révolution "
relève des débris de verre peints dans les réseaux d’autres fenêtres, ce qui indique l'ancienne présence de vitraux à sujets religieux.

A cette fin du XVIe siècle, la commune devait être assez riche, car nous découvrons qu’en 1578 la Fabrique de la chapelle Saint-Côme et Saint Damien offre un reliquaire en argent doré.


LA REVOLUTION



Cette époque a vu l'envoi,  par les mairies, du département, de peintres vitriers ou vitriers souvent  incompétants, pour supprimer les armoiries qui  étaient le symbole  de la féodalité.Cela fut le cas ici à Saint-Nic;

En novembre 1790,
 le conseil municipal charge le procureur de la commune, Henry Join, de faire disparaître les enfeus et armoiries   de l'église paroissial et "autres chapelles" Cependant, semble-t-il, on a hésité à briser les armoiries ds vitraux.


  Cependant le
30 avril 1791,on fit appel à un vitrier quimpérois du nom de Jean Louis Cavellier  qui se charge pour la somme de 72 livres d’enlever les écussons des vitres peintes de l’église paroissiale et de la chapelle Saint-Côme. En voulant enlever ces armoiries, il brise les vitres qui les encerclaient.


Il ne semble pas avoir fait entièrement son travail,
 car un blason est signalé, par de Courcy en 1860, à la chapelle Saint-Côme.

 Cette façon de travailler a été le cas de nombreux vitraux du Finistère,


La restauration de 1929.

Dès 1927, l'architecte Paul Génuys propose un devis de restauration de ces vitraux.
dans lequel il signale que les deux baies ont été murées dans la partie inférieure.
 Il lui semble que les vitraux sonr restés enfouis dans la maçonnerie.

Un peintre verrier parisien, Tournel, le contacte, car ce dernier souhaiterait vivement restaurer ces vitraux. C'est ce verrier,qui, a reconstitué les manques des sujets figuratifs de façon approximative.

La RESTAURATION DE LA PASSION EN 1929 ;


Suivant  le constat dressé par l’abbé Parcheminou, le verrier restaurateur s’est donc trouvé devant des vitraux dont les manques étaient en verre blanc et qui étaient évalués à une surface de 1m2 par l’architecte.

L’armature de ferrures, qui devra être conservée, partageait la verrière en 15 panneaux dont les sujets, au nombre de sept, emplissaient deux panneaux chacun.

Les manques en verre blanc concernaient les parties hautes de la Flagellation et  du Couronnement d’épines.
Un filet encore ne verre blanc devait courir le long des fers verticaux  et au-dessus des scènes de l’Arrestation  et du Couronnement d’épines.

L’abbé Parcheminou signalait de  chaque côté de la Crucifixion  » dans les petits panneaux, il y a un ange à genoux adorant le Christ ».Actuellement, nous n’avons rien de cela ; nous nous trouvons devant deux têtes dont une ancienne qui n’est pas, semble-t-il, celle d’un ange.

Le verrier de 1929, qui pourrait être le verrier parisien Tournel, a donc reconstitué les manques des sujets figuratifs de façon approximative sans se réferrer à une source possible telle qu'un carton antérieur, ce qui est le cas ici pour beaucoup de panneaux.

Les filets verticaux ont été traités en cannelures. Ces pièces n’ont pas du résister à la rouille des ferrures et à la dépose de 1942 ; De nombreux plombs de casse les défiguraient.

Pour faire une séparation entre le panneau de l’Arrestation et le bas de celui du Portement de Croix, une clôture d’enclos, dans l’esprit des arrestations du XVI°, mais incompréhensible,  a été posée.
  • L'abbé Parcheminou confirme en partie nos propos sauf pour ce dernier et ajoute-t-il "cela montre de façon saisissante, toute la distance qui sépare encore dans l'art du vitrail, les conceptions modernes de la technique ancienne".




La guerre 39-45


 le 6 mai 1942, l’architecte Prieur propose un devis de dépose et d’éloignement des vitraux  pour sauvegarde durant l'état de guerre. Ce qui est approuvé par Monsieur le Secrétaire général des Beaux Arts et dont l’exécution est demandée sans délai par les autorités d’occupation car «St Nic se trouve à proximité du rivage et au pied des collines du Ménez Hom. De plus cette commune se trouve sur la route de Quimper à Morgat».

Le devis se monte à 8 181 francs 35 et dans le dossier, il n’est fourni aucune photo ni carte postale comme il est demandé.

Les vitraux déposés devaient être mis en caisses avec couvercles vissés et remplies de copeaux ou de paille. Celles-ci devaient rejoindre un dépôt provisoire à Quimper.

Les caisses restent dans l'église de Saint-Nic.


 Cela ne semble pas avoir été exécuté car la mémoire des habitants de Saint-Nic se rappelle très bien de ces caisses qui ont traversé la guerre dans l’église près du clocher et qui ont manqué d’être pulvérisées par un obus.





Il s’acquitta mal de son travail car de Courcy signale dans la Bretagne Contemporaine que l’on voyait encore ( vers 1860) dans l’une des vitres de Saint-Côme les armoiries des Tyvarlen, seigneurs de Brénalen. Jean Louis Cavelier, en voulant enlever les blasons, brisa les vitres qui les encerclaient.


  • L’inventaire des fragments de vitraux inclus dans les 2 baies du transept et provenant d’autres verrières donne en plus d’une Passion et d’un Jugement dernier: une Crucifixion, un Donateur, et une Résurrection.
  • Les vitraux du choeur et de la nef.

Ils avaient subis des dégats suite à la chute de l'obus, on ne sait  qu'elle en était le style.
Pour en remplacer les restes, il est prévu une vitrerie losange. L'atelier quimpérois Le Bihan-Saluden, qui s'en charge, a une correspondance fournie en 1946 avec  Monsieur Chabal architecte des Monuments Historiques, en avril, juin et octobre 1946.
Celui-ci transmet la maquette à  Mr Cornou à l’Inspection générale.


Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien © XV°XVI° XVII°siècle
 
Elle dû subir des dommages de guerre,la toiture et la charpente seront refaites  sous Mr Lisch, Architecte en chef des <monuments historiques. Les vitraux ont aussi souffert.

Du blason signalé en 1860 on n'entend plus parler.


En 1955 de nouveaux vitraux sont posés par l'atelier HSM de Quitin. Ceux-ci subiront par la suite de nombreux vandalismes.

Chapelle Saint-Jean XVI° et XVII° siècle.

Actuellement Vitrerie losange, œuvre d’un  sculpteur espagnol installé à Saint-Jean, années 1972.


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